
30 avril, c’est “normalement” la date moyenne de ponte chez les Chevêches d’Athéna. Il est bien possible que l’an passé, la ponte ait eu lieu plus tôt, probablement dès début avril, avec le printemps chaud et sec que nous avons eu, car les petites Chevêches avaient toutes quitté définitivement les nichoirs début juillet. Et inversement les deux années précédentes, car nous avions trouvé de nombreux jeunes dans les nichoirs et cavités, fin août et début septembre, lors des nettoyages annuels. Quid de cette année à la météo mouvementée, avec un mois de janvier chaud, un mois de février glacial, un mois d’avril assez froid, venteux et pluvieux ? Nous le saurons dans les prochains mois !
En tout cas, la protection de la Chevêche a commencé tôt à la LPO Rhône, avec la construction en janvier de 22 nichoirs. Les comptages par la repasse sur le secteur d’étude de 30 km2 du plateau mornantais au sud-ouest de Lyon ont été particulièrement bons, avec une “augmentation” de 92% des effectifs. Plutôt en baisse alarmante les années précédentes avec un minimum de 24 mâles chanteurs et un maximum de 30 en 2011, nous avons compté en mars 2012 entre 46 et 52 mâles chanteurs.
Inversement, le comptage sur le secteur d’étude des Coteaux du Lyonnais à 30 km au nord-ouest de Lyon (secteur des Naturalistes Rhodaniens) a retrouvé un nombre de mâles chanteurs du même ordre de grandeur qu’en 2008 à 2010 (42) alors qu’il avait été de 60-66 en 2011 (toujours sur 30 km2). Variation des effectifs ? Très probablement non ! Il ne s’agirait en fait que d’un reflet météorologique. Nous avons en effet remarqué que certains mâles ne répondaient jamais (10-15%), que certains ne répondaient que quand il faisait chaud et sans vent, et que les autres répondaient plus ou moins bien avec une météo moyenne de printemps, soit 10°C et légère bise, environ les 2/3, chiffre tombant à 50% quand la température frôle celle de la glace fondante…ce qui est souvent le cas en mars, mois habituel des comptages sur le plateau mornantais. Il est alors difficile de dire si une année ou une autre, les effectifs sont en hausse ou en baisse sans connaître les conditions météo des comptages. L’idée de mobiliser les troupes lors de soirée à la météo parfaite est séduisante, mais il est déjà bien souvent difficile de trouver assez de “compteurs” quand la date est fixée longtemps à l’avance… Alors, nous nous contenterons d’un suivi dans la durée, avec une analyse concomitante, et critique, du biotope !
Christian Maliverney, coordinateur Chevêche pour le Rhône.